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Introduction


Amoureuse de la photographie argentique, du déclic suave de l’obturateur à la sensualité du grain de l’image, adepte de l’objectif pris en main pour la mise au point, patiente de la latence de l’image, expérimentatrice de la chambre noire, j’ai cependant changé ma pratique de la photographie argentique au profit d’une technique numérique plus immédiate en 2007. Je suis passé de l’utilisation d’un appareil photographique reflex argentique à un petit appareil numérique, plus discret pour les prises de vues de mes mises en scène. Ce passage de médium s’est effectué pour différentes raisons qui ont engendré une pratique nouvelle de création d’images au contact de l’autre. Une de ces raisons est avant tout la rencontre avec des modèles, la proposition d’un travail autour du corps et de sa plasticité tant physique que psychique. Mais le meilleur matériel reste soi même. C’est pourquoi je me filme souvent dans mes vidéos.

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La bouche d’Hegel, vidéo 3,01 min, 2007

La bouche d’Hegel est un auto-filmage qui traduit l’angoisse, la haine, l’amour, la guerre, la folie. A travers le titre équivoque, j’ai voulu donné les aspects du dégoût ou des gôuts de cette partie de nous même; la bouche, une ouverture entre intérieur et extérieur qui sans la parole n’est rien. Le manque de son interroge alors se rapport aux mots manquants.

Where is my black heritage gone?, video présentation, 1,08 min, 2008/2009

Cette vidéo est la présentation d’un projet inachevé qui traduisait ma recherche de mes origines « noires ». A travers la rencontre de personnes noires ou métisses, j’ai questionné mon rapport à ma propre origine. Tout a démarré de la fabrication d’un t-shirt avec la photographie de mes grands parents paternels guadeloupéens et une inscription sur celui-ci: Where is ma black heritage gone? Cette question était le point de départ de la rencontre avec un autre dont l’histoire pouvait résonner avec la mienne. Ces rencontres ont donné lieu à des vidéos et des photographies.

Amélie, Les patientes, video 1,18 min, 2008

Les patientes ne sont pas un auto-filmage. Cependant, il requiert d’un principe, dans ma demande au modèle, d’un dévoilement en répétition et d’une remise en question des principes et des acquisitions sociales et culturelles définissant l’Etre Femme. Cette demande était de choisir une partie de leur corps et de soutenir à travers elle une vulnérabilité de leur part en y apposant un geste et une écriture. L’autre femme devient un double. La rencontre artiste/femme, passe de l’identification de chacune, dans la proximité jusqu’à la reconnaissance des différences dans la création d’une distance. La différence réside non pas dans l’image, mais dans l’expression singulière de se présenter dans sa vulnérabilité féminine pour le modèle, mais aussi artistique pour moi. Petit appareil, demande simple de dévoilement m’ont posé dans ma fonction artistique comme autant d’identités instables dont le modèle peut m’affubler. Voyeuriste, spectatrice, exhibitionniste, confidente, photographe, intruse, autant de qualificatifs qui ont fait de moi un sujet complexe venant à la rencontre de cet autre. Est-ce vraiment de l’Art  ce que tu fais ? Est ce vraiment moi que je montre ? Ou est ce seulement le reflet de ce que « je » peux être ?

Anne, Les patientes, video 3,03 min, 2008